jeudi 20 août 2009

Les logos de télécom et moi, partie X...

TQS Change de nom. Bien. Ça va peut-être les débarrasser de l'aura cheap qui nimbait le réseau depuis quelques années. Ils font ce qu'ils peuvent avec l'argent qu'ils ont, mais j'imagine qu'avec le temps ils vont élever d'un cran la programmation. Ils ont déjà embarqué Top Gear, très bonne affaire! Si cette émission automobile, probablement la meilleure au monde, donnait ne serait-ce que le dixième de sa crédibilité à Earl Jones, celui-ci pourrait se décrocher un emploi assez vite fait comme prof d'économie aux HEC.

Le nouveau nom de la station? V. Pas V Télé, pas Canal V. V. Pas mal à l'image de ce que les frères Rémillard veulent comme station : jeune, dynamique. Un bon coup.

Où ça tique à mon avis... Hé oui, encore le logo


Je ne sais pas. Tant qu'à revamper la station, je lui aurais donné une touche de raffinement. Parce que là, Robin a appelé, il veut ravoir son logo.


Sans compter que d'autres supervilains ont chiâlé. Certains parlent d'une mise en demeure...


C'est soit le jaune, soit les lignes du V, mais je ne sais pas à quel point le logo colle à la nouvelle image que Remstar veut donner à la station. À moins de continuer à présenter des reprises de Batman. Je me serais attendu à quelque chose d'un peu plus travaillé. Pas le loge d'Axe, mais pas loin (ils visent surtout les hommes, maintenant...).

Et non, je ne prévois pas regarder Dumont 360. Au moins, il nous avoue déjà dans le titre de son émission qu'il prévoit faire du spin. (désolé, nos parlementaires ont déjà épuisé toutes les jokes de girouette...)

L'anniversaire de Marilou

Image Hosted by ImageShack.us


Le deuxième ouvrage que je monte pour les Éditions Belle Feuille, cette fois-ci plus dans la littérature jeunesse. Pour l'histoire, c'est Marilou elle-même qui a fait l'illustration de la couverture.

mardi 11 août 2009

Bonne fête le Patchwork!

Image Hosted by ImageShack.us


12 août 2008, sur l'heure du midi. Je me rappelle encore comment j'étais habillé : veston noir, t-shirt de Radiohead, jeans et Blackspot V2 aux pieds. La journée était nuageuse, chaude et humide, mais c'était mon attirail de businessman. Je marchais sur Square Victoria, en ressortant du régistraire des entreprises, fier et heureux comme le ti-cul de 18 ans qui sort du bar de danseuses comme la première fois. Dans mon sac courier, j'avais ze papier, celui qui contenait mon numéro d'entreprise. Le Patchwork était né.

Je rêvais depuis longtemps d'avoir mon propre studio. Au début, évidemment, je rêvais à la grosse chose : un local judicieusement placé, meublé überdesign, bien éclairé, pis toute. En ne sachant pas trop comment j'arriverais à gérer une équipe d'employés (ma faiblesse de toujours...). La vie d'agence.

Vint 2008, Annus Horribilis. Une série d'épreuves qui ont effirté ma tolérance, ma volonté surtout. Une série d'épreuves personnelles et professionnelles. Au fil de mes déboires, j'ai étudié de plus en plus sérieusement la possibilité de devenir travailleur autonome. Au fur et à mesure de mes recherches, je me suis rendu compte que mon rêve était bien plus accessible que je ne le pensais. Tous les agréments dont je rêvais, sans l'énorme machine que constitue une entreprise incorporée. Le reste, comme ils disent, fait partie de l'histoire...

Où en suis-je, un an après, jour pour jour? Il annonce trop chaud pour le jeans-veston, et mes Blackspot ont rendu l'âme après deux ans de service intensif. Pour le reste, j'ai réussi à atteindre une certaine stabilité au prix d'un peu de la liberté des premiers mois en travaillant comme pigiste chez un client un peu plus corporatif. Je rêve toujours de décrocher mes contrats de rêve : pas ceux qui paient nécessairement le plus, mais les trucs le fun à faire, avec un peu de visibilité, comme des affiches culturelles ou des pochettes de disque. Mon statut précaire me donne un stress permanent mais pas très fort, un gros pas de plus de l'angoisse torturante d'avant. Je me questionne aussi sur la capacité que je n'ai plus à me pousser autant que je le pouvais, en me disant que si je me suis claqué un burn-out au cours de la dernière année (chose fort probable), je ne peux pas me le permettre financièrement. J'apprends aussi sur le tas les rouages d'une petite entreprise : versements de taxes, déductions fiscales... (j'en suis à essayer de comprendre le fonctionnement des accomptes provisionnels), tout en essayant de rembourses mes vieilles dettes entre deux chèques qui auraient dû entrer il y a quelques semaines, voire quelques mois...

Ardu, tout ça? Oui, mais combien gratifiant! Juste de savoir que mon succès et mon bonheur dépend maintenant entièrement de moi constitue une responsabilité grisante et une puissance enivrante. Le boss chiant, c'est moi, ma principale collègue de travail (quand je suis à mon bureau) est une minette d'un an et demi, mon bureau est décoré à mon goût, et s'il fait beau, personne ne m'empêchera de prendre une demie-heure de plus pour aller cogner des balles de golf.

Je regarde l'avenir avec un œil optimiste. J'aurai à trimer dur, mais dès que j'aurai retrouvé ma vraie drive (au travail comme au golf!), ça va commencer à être «sur la coche», comme qu'on dit. Mes clients, mes amis, cette dernière année, je vous la dois, et tant qu'on continuera à entretenir nos liens, vous continuerez à bénéficier des services de pointe que peut offrir le Patchwork Communications graphiques, parce que vous aurez fait de moi le plus heureux des hommes.

Encore une fois, merci à tous, et on se rejase bientôt j'espère!

Patch

vendredi 7 août 2009

Il n'y a pas de mauvaise pub...

Image Hosted by ImageShack.us

... Ni de mauvaise opportunité de se ploguer! Il y a un kiosque aux Francofolies où ce qu'on dessine sur une toile est projeté sur le mur d'un édifice, visible une couple de pâtés de maisons à la ronde. À date, c'est la meilleure pub que j'ai eu.

Le Patchwork a un an la semaine prochaine, sortez le mousseux, les cupcakes et la danseuse naine pour aller dedans!

jeudi 23 juillet 2009

Yo Bro!

Image Hosted by ImageShack.us

Un jour, Big Brother eut cette révélation. Il s'est aperçu, avec raison, que le Peuple avait peur de lui. Qu'il n'aimait pas que quelqu'un d'autre le surveille, ne s'incruste dans ses petites affaires. De son grand bureau, au Palais du Parti, il médita des jours et des nuits sur la solution à ce problème.

Un matin, ce fût l'Épiphanie. Il créa les réseaux sociaux sur le Net, il plaça dans les mains du Peuple des téléphones munis de caméras. Le Peuple prit des images à l'aide des caméras, puis il diffusa ces images sur les réseaux sociaux du Net. Maintenant que la Peuple accomplit son travail à sa place, Big Brother peut de nouveau mener un rythme de vie normal, et admirer les nymphettes dénudées, prises par les caméras du Peuple, diffusées sur les réseaux sociaux...

vendredi 17 juillet 2009

Et après, nous sommes les racistes...

Image Hosted by ImageShack.us


Je suis allé voir MC Gilles hier, dans le cadre du Zoofest, l'espèce d'Off-Juste-Pour-Rire, et je le regrette un peu.

Non pas que le One-man-Gilles n'était pas bon, au contraire. Seulement, parmi les salles qu'occupe le Zoofest, il y a le Théâtre Sainte-Catherine, un petit établissement de culture anglo ayant pignon sur rue sur Sainte-Catherine Est, entre la Calèche du Sexe et le truc de peep-show en face es anciens locaux de Musique Plus. Un peu loin du Golden Square Mile, mettons.

Comme les spectacles du Zoofest présentés là-bas (ainsi que l'essentiel de leur programmation, je crois) sont dans la langue de Shakespeare, ils n'ont pas crû bon de diffuser leurs courriels de promotion en français. Une petite troupe de théâtre, les Sages Fous, un peu tannée de la chose, leur fait parvenir le message suivant :

Bonjour, Merci de nous envoyer vos messages en français ou de nous retirer de votre liste d'envois.
Les Sages Fous

Jusqu'ici, rien pour écrire à sa mère. Le ton est courtois et poli, sans aucune menace.

La réponse du Théâtre :

The shows listed were in english and therefore so is the message. You obviously can't read in english because you are an uneducated bigot. Est-ce que vous comprenez l'expression anglophone: Go Fuck Yourself?
Traduction : Les spectacles sont en anglais donc, le message aussi. Vous ne pouvez manifestement pas lire l’anglais parce que vous êtes un fanatique sans éducation. Est-ce que vous comprenez l’expression anglophone : Allez vous faire foutre?

Il est à noter que parmi les membres des Sages Fous se trouve une anglophone d'origine américaine...

Le dernier rebondissement dans cette histoire remonte à hier en fin de journée, quand le proprio du théâtre a annoncé qu’«En raison du racisme et de l’intolérance écrasants de la société francophone au Québec à l’endroit des minorités et des cultures non francophones, le Theatre Ste. Catherine va fermer ses portes en signe de protestation». Pôvre ti-poulet. OK, suite à tout ça, il a reçu des insultes pas trop le fun, mais quand même, quand tes relations publiques ressemblent à ça, il faut t'attendre à des critiques plus que virulentes, me semble. J'attends de voir combien de prix Nobel à l'ouest de Saint-Laurent vont l'élever en martyr et recommencer à nazifier les Québécois francophones, c'est tellement plaisant pour eux de faire ça...

La source et l'échange de courriels complet ici.

mardi 7 juillet 2009

Le rebranding de l'année! [/sarcasme]

Image Hosted by ImageShack.us

Énergie devient NRJ. Passe toujours. Racoleur, mais passe toujours.

Donne le contrat de rebranding de la station au fan club de Babu. Douteux...

Quelqu'un, quelque part chez Astral va demander à sa dominatrice, à son rendez-vous hebdomadaire, de lui asséner quelques bonnes tapes dans le dos pour avoir donné le feu vert à un aussi beau logo...

Come on. Sérieusement, c'est ce que l'agence a fiat de mieux? Comme dirait une collègue, on dirait une marque de BMX cheap pour ti-culs de chez Walmart...

Ça donne le goût de se recycler comptable, non?


EDIT : un lecteur de mon blogue moins paresseux que moi est allé voir de quoi avait l'air le logo de la station française du même nom. Je savais qu'elle existait, mais honte à moi, je n'ai pas approfondi mes recherches. Hébin, on dirait qu'après Mix 96 qui est passé sous le giron de Virgin (avec une très, très légère amélioration de la qualité musicale, 5 tounes en rotation au lieu de trois), notre ancienne CKMF va répondre à un autre conglomérat qui, à force de vouloir plaire à tout le monde, ne plaira à personne (même si tous les proprios de Civic vont s'en contrefoutre et continuer à fantasmer sur les boules de Lady Gaga chaque fois que sa toune va passer à NRJ, soit au 18 minutes).

Remarquez, je ne sais pas pourquoi je me plains, j'écoute la première chaîne de Radio-Canne et CISM, alors...

mercredi 1 juillet 2009

Je ne mets pas mon blogue à jour assez souvent.

Voilà. Ces temps-ci, je ne dessine pas assez, je ne fais pas assez de design (la business tourne un peu au ralenti, mais je survis!), je devrais passer plus de temps «off» à faire du design au lieu de flâner sur Fessebouc (ou m'inscrire au Libreace Institute for the f'n cure of Bejeweled Blitz!), mais comme je ne prendrai pas de vacances cet été budget oblige, je grignote mes temps de vacances ici et là.

Donc, pour le moment, je n'ai rien à présenter, pas d'états d'âme à déblatérer (je ne sais pas s'il est trop tôt pour que j'étale on spicilège de jokes sur Jacko, et mâme si j'ai vu Star Trek aujourd'hui et que j'ai capoté comme un ti-cul, ça ne me tente pas de bloguer là-dessus).

Voici donc la vidéo d'un caniche qui chante.

lundi 15 juin 2009

Mets ta langue dans ma bouche!

Image Hosted by ImageShack.us


Petite entrée souverainisse ici, en réaction à cette scabreuse histoire.

Il y a une dizaine d'années, pour un cours d'histoire du Québec au cégep, j'avais pondu un essai sur la langue, mon joual de bataille. J'y avais disséqué trois publications de deux époques différentes : Les insolences du frère Untel de Jean-Paul Desbiens, Anna Braillé ène shot (elle a beaucoup pleuré) de Georges Dor et États d'âme, états de langue par un collectif de linguistes dirigé par Marty Laforest (ouvrage qui, soit dit en passant, réfute argument par argument l'essai de Dor). Le sujet, vous l'aurez deviné, l'état du français au Québec.

Une des remarques de mon prof à l'époque était que notre peuple devait se définir en grande partie par notre langue. Pourquoi? Parce que c'est maintenant un des seuls éléments communs que nous avons encore. Depuis quelques décennies, le peuple québécois ne peut plus se définir seulement par son ascendance. Même, la moindre référence à notre pur-lainage suscite de la part de nos voisins outre-Ontario des réactions à peine plus douces que si nous étions des néonazis cannibales pédérastes conduisant des Pontiac Aztek (un point Goodwin pour Patch, mais c'est Jan Wong qui a commencé!). Maintenant que nous partageons notre québécitude avec Fatima, Nguyen et Amadou, que restait-il pour nous affirmer collectivement? Outre de très beaux échanges culturels, nous pouvions nous rallier derrière ce français que nous avons tarabiscoté à notre façon (avec maints emprunts à la langue de Shakespeare de nos voisins, soulignons-le!).

Puis la nouvelle est tombée. Je ne savais pas trop où me mettre : je suis particulièrement ouvert à la culture des autres (oui, j'ai des préjugés, mais j'ai le mérite de les travailler!), mais je m'accrochais aussi à mon dogme linguistique, le peu de stabilité identitaire qu'il me reste. Ceci dit, un argument est sorti dans les médias que je m'étais déjà approprié. On viendra nous chanter Gens du Pays en cantonnais, en yiddish ou en wolof qu'on trouvera ça mignon, attachant et touchant, mais Country People? No Thank you. Pis Speak white, tabarnac.

On n'a pas à aller chercher très loin pour la raison : les anglos ont bouffé du Canadien pendant des siècles, de la Conquête à la Révolution tranquille en passant par l'insurrection patriote. Wolfe, Gosford et Durham ne sont probablement pas les bienvenus à la même table de poker que De Lorimier, Papineau et Lévesque, en haut. À l'époque, cependant, c'est vrai que nous étions sous-représentés sur certains plans, nommément ceux de la politique et de la richesse. Regardons-nous maintenant : L'oppression anglaise est à peu près aussi présente qu'un épisode original de Symphorien ou qu'une Dow bien fraîche. Nous ne sommes pas encore totalement «maîtres chez nous», mais on se fait pas mal moins «mettre chez nous» qu'à une certaine époque. Le peuple québécois se gouverne lui-même (dans les grandes lignes) et est capable d'amasser sa propre richesse (les trois ou quatre mêmes têtes, peut-être, mais ils sont des nôtres!). Disons que j'ai vu des peuples faire un peu plus pitié que nous (allez faire un tour au Chiapas, vous m'en donnerez des nouvelles...)

Rappelons aussi ici qu'on ne parle pas d'artistes venant faire la promotion des belles valeurs impérialistes du Plusse beau pays du monde, mais d'anglophones de souche venant chanter dans leur langue maternelle. La langue de Leonard Cohen, Rufus Wainwright, Arcade Fire. Comme on laisse Marco Calliari chanter Félix et Fiori en italien. Comme Dédé chantait en wolof. Pas parce qu'ils wanted to pogne, parce que c'est leur langue, une partie de leur culture. Parce que je bouffe du sushi, des mangues, du spagatte. Parce que j'ai probablement plus a apprendre, en connaissances et en sagesse, d'un Mohammed, d'une Soledad ou d'un Balazs que de Roger Chose qui n'a jamais même quitté l'île de Mourial.

Il va falloir que je me trouve un nouveau dogme identitaire, mais je crois que je n'aurais pas à chercher trop loin. Celui qui considère ce territoire comme sien, qu'il y réside ou non, qu'il y soit né ou non. Celui qui a la fleur de lys tatouée sur le cœur, qui qu'il soit. Celui qui, par vocation profonde, se considère de la Nation québécoise, sans discrimination. C'est certain que la langue doit aider un peu (je ne suis pas polyglotte, et je ne parle même pas de tous les colons qui «veulent arien savoir des races pis des importés»), mais j'imagine qu'on finira bien par s'arranger pour se comprendre.

Je considère toujours que le français québécois est dans une situation précaire. Que 7 millions contre 350 pour défendre une langue et une culture, ça joue dans la balance. Mais si on ouvre les bras aux autres cultures, il y a moyen de moyenner. Un peu de ta bouffe contre un peu de ma langue, c'est peut-être un incitatif intéressant; certainement plus que Pal don' françâh, crisse de voleu' de jobs! Et puis, en terme de culture originale, on repassera : notre cuisine vient de France, d'Italie, d'Angleterre; notre musique, d'Irlande; une partie de notre architecture et de notre urbanisme, de chez les Anglais (encore!), alors un falafel et un tajine (avec un thé à la menthe, s'il vous plaît) contre un disque de Richard Desjardins, ça me semble un marché convenable, non?

Et puis, Blodshot Bill, c'est vraiment bon...


— Patrick Charpentier, citoyen et membre de la Nation québécoise

P.S. J'oubliais, le guitariste de Loco Locass est un anglophone fédéraliste. Mettez ça dans vot' pipe!


mardi 9 juin 2009

Le graphisme est l'opium du peuple.

Sérieux. C'est une vocation. Rien de moins.

En jasant avec une collègue chez un client, elle me demandait combien de ma promotion sont toujours dans le métier, je lui répondis que je ne savais pas trop. Mais ça allait de soi, c'est une fraction seulement d'une cohorte de graphistes qui continuent dans le métier. Le reste, comme des grains de popcorn qui restent dans le fond de la machine, se recyclent ailleurs.

Je voyais sur une page Fessebouc de mes anciens camarades de classe combien sont partis dans une autre direction; plusieurs utilisent encore les notions qu'ils ont appris, mais ailleurs. Même la «queen» de la promo, celle qui avait tout au top, le talent, la drive, l'égo, est aujourd'hui prof d'arts plastiques au secondaire. Je tairai ici l'histoire d'une amie assez proche durant mes années d'études. La dernière fois qu'on s'est parlés, elle faisait dans la finance.

Au moins, je n'ai pas d'histoire à raconter sur celui ou celle qui, presque dix ans après, flippe des boulettes au burger du coin.

C'est à croire que je suis excessivement tenace, excessivement stupide, ou excessivement les deux pour persévérer dans un métier à peine moins stressant que contrôleur aérien à LAX ou pêcheur de crabe en Alaska. Comme j'ai dit plus haut, c'est une Vocation. L'appel de je ne sais pas trop quoi, comme Dieu appelle les gens d'église.

Dans le fond, graphiste ou prêtre, ce n'est pas si différent. Les deux aspirent à faire le bien autour d'eux (moral ou graphique), à élever leur entourage à un idéal, personne ne veut vraiment faire leur boulot et les deux n'ont qu'une fraction de vie sexuelle (le prêtre parce que les pensionnats se font de plus en plus rares, le graphiste à cause d'un foutu deadline).

Idem, j'ai craqué pour des films et des livres de façon assez intense. La première fois où j'ai vu Tekkonkinkreet, Miroir Noir ou Helvetica, il y avait en moi cette flamme, cette avidité, cette sensation de plénitude. Pas trop loin des exaltations de Sainte Thérèse d'Avila, selon moi.

Image Hosted by ImageShack.us

Ce qui m'amène à vous jaser de mon achat de la semaine : Supply and Demand de Shepard Fairey. Oui, le Shepard Fairey de l'illustration d'Obama. Je l'ai feuilleté d'un bout à l'autre, et j'ai un chapitre ou deux de lus. Et déjà je me questionne : sur mon conformisme, ma démarche, sur le fait que pour le moment, je ne passe pas assez de temps à faire du design pour moi... Après tout, je suis parti à mon compte pour faire un peu plus ce qui m'allumait vraiment , et je me retrouve dans une routine un peu différente d'avant. J'ai besoin de retrouver cette énergie que j'avais à mon départ, celle de l'exaltation. Moi aussi, je veux recommencer à me venir dessus comme Sainte Thérèse d'Avila...

*En passant, j'ai un projet ou deux en tête. La suite dans pas trop long...